Jour de grève, jour de peurs

Je vis encore parfois, un sentiment de peur immense, qu’il arrive quelque chose à celui que j’aime !

Comme aujourd’hui, jour de grève et de manifestation à laquelle il souhaitait se rendre. Ces manifs sont de plus en plus violentes, et il y a de la casse, des coups et du gaz lacrymo. Pas “safe” du tout. 

Je suis incapable de regarder les images à la télé. A la fois j’aimerais le voir, savoir s’il va bien, mais en même temps j’ai peur de le voir se faire bousculer ou prendre un mauvais coup. Je suis tiraillée, et c’est tellement inconfortable que je dois finir par éteindre la télévision. 

Ne pas garder les choses pour soi, oser en parler

J’ai ressenti le besoin d’en parler ce matin, et ça tombait bien, car ma cliente est thérapeute. Elle m’a éclairée sur le sujet, en m’invitant à voir ce qui se cachait derrière ma peur « qu’il lui arrive quelque chose. »

Je me suis habituée à aller voir au fond de moi ce qui se passait, depuis quelques mois…

Alors j’ai vite compris. Mais aussi parce que ce n’est pas la première fois que cette peur advient !

Au-delà de la peur qu’il lui arrive quelque chose, c’est en fait plus réellement la peur de me retrouver seule après coup. “Vais-je être capable de gérer le quotidien, seule ?” C’est le genre d’angoisse que j’ai et elle est probablement exacerbée par ma situation de personne en situation de handicap. 

Revivre l’émotion pour mieux la comprendre

Suite aux conseils avisés de ma cliente thérapeute (et pour le coup, je pourrais même créer le mot de “cliente-thérapeute” avec un trait d’union…) je suis donc partie en introspection.

Vous connaissez la technique depuis le temps, n’est-ce pas ? J’écoute une musique relaxante, je prends de profondes respiration, je m’assoupis et je me pose la question : « C’est quand la première fois où tu as eu peur de te retrouver seule ? »

Je voulais tenter de remonter, dans mes souvenirs, aux origines, à la première fois où j’ai vécu ce sentiment de peur de rester seule, parce qu’il était arrivé quelque chose à quelqu’un que j’aimais.  

Quand on (la) cherche, on (la) trouve !

Je suis encore abasourdie par la rapidité avec laquelle j’ai compris d’où ça venait ! C’est une énorme prise de conscience et j’en parlerai certainement plus en détails dans mon livre.

Le soir où j’ai appris l’AVC de mon père. J’avais 8 ans tout juste. Ma mère était rentrée très tard dans la nuit après avoir suivi mon père et les pompiers, dans les différents hôpitaux de la région pour diagnostiquer précisément ce qui lui était arrivé. 

En rentrant cette nuit-là, elle était donc elle aussi et sans nul doute possible, dans un état d’émotions et d’incompréhension intenses. Le fameux “Pourquoi moi/nous !?” qu’on aimerait pouvoir hurler… 

Une annonce de choc

Les choses avaient été dites sans tabou, avec tout le côté direct (sans ménagement) qui la caractérise : “Je ne sais pas si Papa va s’en sortir, s’il va avoir des séquelles.” “Je ne sais pas comment on va faire…” “Peut-être qu’il faudra vendre la maison.”

 D’un côté il y a donc une maman perdue, désemparée, qui ne sait pas ce qu’elle et sa famille vont advenir. 

De l’autre il y a moi, l’enfant de huit ans qui reçoit l’annonce en pleine nuit. Je n’avais pas encore réussi à m’endormir ce soir-là. Forcément, mes deux parents étaient partis de cette maison de vacances dans laquelle nous étions, et qui me faisait aussi peur parce qu’il y avait des grosses araignées !

Résultat ?

Je suis une enfant de huit ans qui reçoit l’annonce que “peut-être”, son père ne va plus pouvoir s’occuper d’eux. Comment voulez-vous que je ne ressente pas moi aussi, cette peur ?! 

J’ai compris cela aujourd’hui, l’origine de cette peur de me retrouver seule, de ne pas y arriver. Une peur ressentie à la fois par ma mère, mais que je me suis aussi appropriée.

Alors je fais quoi maintenant, avec cette peur issue du passé ?

Je dois l’accueillir pleinement. Aujourd’hui, je me suis reconnectée et j’ai revécu ce sentiment vécu enfant. Reconnexion à la fois en souvenir et émotionnelle.

Ce conseil que j’ai reçu de m’y “replonger”, en allant chercher quand, enfant, j’avais vécu ce sentiment pour la première fois, m’a permis de faire le lien avec les émotions négatives et les peurs que je ressens encore parfois, et même si je suis une adulte : être seule, livrée à moi-même, être incapable de gérer le quotidien…

S’autoriser à vivre ce qui n’a pas pu être vécu

Après avoir perçu l’origine, je me suis ensuite autorisée à vivre l’émotion que j’aurais eue besoin de vivre ce soir-là : pleurer ma tristesse et ma peur. 

Et j’ai pleuré, sangloté même ! Je crois avoir ainsi commencé à libérer le trop-plein accumulé. Il parait que ce faisant, je laisse partir ce qui a été un moment donné (une souffrance normale, pour une enfant de cet âge), et n’a plus lieu d’exister encore à ce tel degré.

 

En tout cas, de l’émotion me vient toujours une grande inspiration à écrire. J’espère que mon partage vous aura aidé, autant que d’oser en parler ce matin à ma cliente m’a permis d’accéder plus rapidement à la première couche de compréhension… Merci à toi qui te reconnaîtra.

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Ludivine Lesénéchal

Ludivine Lesénéchal

De grandes émotions, naît l'inspiration

Je suis “3 en 1” ! Coach en écriture, correctrice et formatrice d’adultes.

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